dissert' de philooo...

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dissert' de philooo...

Message  Noémie le Mer 26 Oct - 15:46

Le sujet de dissert’ me laissant un peu désemparée, je propose d’en discuter ici; voici mes premières idées, en vrac

Première définition du tragique : ce qui suscite une violente émotion, de terreur, d’angoisse. Le tragique implique une situation tragique, une situation où un sujet est confronté à ses limites, à sa propre faiblesse, qui renvoie à la faiblesse de tout être humain. D’où l’émotion du témoin ou spectateur de la situation tragique : son angoisse est générée par l’écho que trouvent en lui les souffrances du personnage. Ce sentiment violent peut provoquer un bouleversement intérieur, une profonde remise en question (catharsis)

Remarque 1 : Au départ le tragique est lié à la tragédie, au théâtre ; donc la situation tragique est créée de toute pièce par le dramaturge.
Mais quand on utilise le terme de tragique ou de tragédie pour désigner un fait de la vie réelle, c’est une interprétation de ce fait. Il n’y avait, au départ, pas d’intention de susciter les émotions du tragique.

Remarque 2 : le tragique est lié à l’humain, à la condition de l’humain. S’il n’y a pas d’humain pour éprouver les émotions, il n’y a pas de tragique.
Si la situation tragique trouve un répondant en tout être humain, c’est que tout être humain est lui-même touché par le tragique. Il y aurait du tragique dans la condition même de l’homme.

Qu’est-ce exactement qu’une situation tragique ? Il me semble, comme je l’ai dit plus haut, que c’est une situation qui met en évidence les limites, les faiblesses de l’être humain. Par exemple lorsqu’il est dominé par ses passions, et n’arrive plus à se maîtriser ; ou lorsqu’il est confronté à un choix impossible. Est-ce qu’il y une définition plus précise ???
Quant au tragique de la condition humaine, je pense qu’il réside dans le fait que l’homme a des désirs, des pensées infinis, mais que lui-même est mortel et fini. Là encore, je pense qu’il y a moyen d’être plus précis, mais pour l’instant je ne vois pas comment.

C’est peut-être un peu tôt mais vous avez des références de philosophes qui parlent du tragique ? C’est un thème qu’on n’a absolument pas abordé l’année dernière.
Et si on parle du tragique de la condition humaine, on n’est pas un peu hors-sujet ?
J’ai bien conscience que pour l’instant mon analyse du sujet est un peu superficielle, mais avez-vous des idées auxquelles je n’ai pas pensées ? ou des éléments pour creuser ?
Je remarque aussi que pour l’instant cette première réflexion n’a nécessité aucun autre concept, alors que dans le corrigé de la première dissert’ on ne fait que mobiliser concept après concept.

Noémie

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Quelques infos sur le tragique

Message  Héloïse le Mer 26 Oct - 17:13

Je suis allée au CDI le dernier jour avant les vacances et j'ai consulté un des dictionnaires de philosophie. J'ai pris quelques notes en vrac mais tout n'est pas clair pour moi. Je vais essayer de les retranscrire ici sans en altérer trop le sens puisque n'ayant relevé que des mots-clés, je suis obligée de tout reformuler.

Définition du tragique : contradictions inhérentes à la condition humaine dans son ensemble et à l'individu en particulier.
L'homme est condamné à errer mais veut égaler la condition divine. Il y a une déchirure, une non-coïncidence entre soi et soi, une impossible réconciliation. Il s'agit d'une lutte entre les forces du destin et la liberté, entre la rationnalité et l'irrationnalité, entre l'Histoire et l'individu.

Le dictionnaire citait Descartes dans La Troisième Méditation et Pascal dans Les Pensées, mais les références étaient très floues et peu explicitées.

Ensuite venait l'allusion à Kierkegaard à propos de la différence et de la proximité du tragique ancien avec le tragique moderne : il n'y a pas d'épique dans le tragique moderne et le héros moderne se maintient ou tombe par le fait de SES propres actes.

Aristote voit dans le tragique une initiation à la vie. L'homme est à la fois innocent et coupable, ce qui suscite la pitié (mais après cela dérive trop vers la tragédie littéraire).

Enfin était cité Domenach dans Le retour du tragique : le tragique serait la meilleure garantie contre la perte de l'homme et pour sa survie intellectuelle, politique et morale. Le tragique pose également la question des limites de l'homme et de son rapport avec le destin. Le tragique écrase-t-il ou stimule-t-il l'homme ? Il semble avoir une finalité créatrice et incitatrice à un réveil spirituel.

Voilà. J'avoue que je n'ai pas tout compris, mais j'ai quand même tout mis, au cas où ça parlerait à quelqu'un.
Je pense donc que le tragique est liée aux notions de liberté, de libre-arbitre et de destin. Par contre, je cerne encore très mal le sujet.

Héloïse

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p'tit grain de sel

Message  Caïus Bonus Coulibalus le Mer 26 Oct - 18:14

Du latin tragoedia, tiré du grec ancien τραγῳδία, tragodia (« événement tragique »). Le mot grec signifiait étymologiquement « le chant du bouc », le chant religieux qui accompagnait le sacrifice du bouc aux fêtes de Dionysos. La racine vient de τράγος, tragos (« bouc ») et ᾠδή, odè (« chant, poème chanté »).

DONC il y a aussi la notion de religion dans le tragique, opposition monde profane/monde sacré et caetera.
Et l'hybris, n'oublions pas l'hybris (transgression du sacré) !

Suspect

Caïus Bonus Coulibalus

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Re: dissert' de philooo...

Message  Juliette R le Jeu 27 Oct - 22:47

Effectivement, l'hybris peut être quelque chose d'intéressant, dans la mesure où l'homme dans son essence tragique tend vers l'absolu, alors pourquoi son désir est-il puni, considéré comme démesuré ? Le désir d'absolu est pourtant intrinsèque à l'homme, alors qu'est-ce qui fait que son désir peut se retourner contre lui-même ? On touche quand même à une problématique dans le coin avec tout ce qui a été dit avant.
L'homme "veut égaler la condition divine", et pourtant il est partagé, "déchiré". Qu'est-ce qui fait son déchirement puisqu'apparemment son désir d'absolu lui est inné ?
De plus, il y a en effet une opposition entre le fini et l'infini de l'homme, c'est-plus ou moins-à-dire entre le corps et la pensée, l'esprit ou l'âme (même comme souffle qui donne vie au corps). À remettre en question...

Pour ce qui est des références, j'ai lu que Nietzsche s'oppose quelque peu à la morale en cela qu'elle est la négation du tragique (qu'il pose comme quasi-définition de la vie humaine : je n'en suis pas sûre, il faut vérifier). Il y a dans la morale une finalité de protection de l'ordre intérieur de l'homme (qui est tourmenté par ses passions) et de l'ordre politique. Il différencie "l'homme médiocre" de "l'homme souffrant" par le mal qui affecte chacun d'eux, et qui vient de plus ou moins profond (et qui est plus ou moins atteint par le tragique de son existence ?)...
Sinon je ne sais pas du tout, désolée. Je suis plutôt perdue pour le moment, alors je cherche, je cherche.

Bon courage !! study
on va y arriver...

Juliette R

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Besoin d'aide

Message  Marion Hamm le Jeu 3 Nov - 19:59

Coucou tout le monde !

D'abord je voulais remercier tout le monde pour les aides qu'il a apporté. Moi aussi j'aimerai un peu participer. Je crois sentir un problème mais j'ai encore du mal à le formuler et je pense avoir un plan mais je ne suis pas du tout sûre de moi alors je voulais savoir ce que vous en pensez pour que vous puissiez un peu m'aider.

De tout ce que vous avez dit, on peut noter un point commun : c'est la place paradoxale dans laquelle se trouve l'homme et que révèle la tragédie . Il est confronté à la fois à un "monde transcendant", infini, absolu vers lequel il aspire par les désirs et qui influe sur lui (par le destin etc...), pourtant il est fini, dans le monde réel et agit parce qu'il est humain. C'est pourquoi la tragédie est le reflet de l'angoisse engendré par le sentiment d'impuissance. Ce sentiment d'impuissance est (je pense) le décalage entre ce monde extérieur par lequel l'homme à la fois se projette et qui influe sur lui et sa condition humaine qui agit dans le réel : ses actes ne correspondent pas à sa projection mentale. Pourtant le tragique semble au cœur de l'existence humaine. Comment dans ce cas concilier ces valeurs intrinsèques à l'homme telles que le libre-arbitre qui s'opère dans les actes et ce monde extérieur qui le détermine (par les désirs et le destin) ?

1ère piste : Y-a-t-il vraiment une séparation entre ce monde "transcendant" et l'humain ?

Je pense parler de Kirkegaard qui explique que le passage du tragique ancien au tragique moderne se passe par l'intériorisation par le héros des forces conflictuelles qui le domine. Le héros est ainsi responsable et dépend entièrement de ses actes. En effet si tout est en lui, même son destin, il n'y a plus de problème, il garde son libre-arbitre.

Critique : Kirkegaard avouait lui-même que un héros entièrement coupable incarne le mal, il doit rester une part de force extérieure.

2ème piste : présupposé : Le tragique est lié à l'humain

Là j'ai interprété un résummé de "La naissance de tragédie" par Nietsch sur wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Naissance_de_la_trag%C3%A9die

J'ai cru comprendre que la pensée tragique c'est l'acceptation du monde tel qu'il est sans espoir de l'au-delà, en acceptant sa souffrance : l'homme ne fait plus que un avec la nature, il n'a pas d'individualité (que la tragédie montre comme illusion). Ainsi il n'y a donc plus de problème puisque la tragédie ne concerne pas l'humain en tant qu'individu : il n'y a plus d’opposition avec le libre-arbitre.

Mais je suis pas sûre d'avoir bien compris, si quelqu'un qui a aussi lu ce résumer et a mieux compris pourrait m'expliquer ?

En tout cas je ne suis vraiment pas du tout sûre de moi et je crois que j'ai vraiment besoin de vos avis. Merci beaucoup.

Marion Hamm

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Re: dissert' de philooo...

Message  Juliette R le Sam 5 Nov - 18:36

Je trouve que ce que tu as trouvé fait sens, même si tu n'exprimes pas de problème précis (mais il semble néanmoins sous-jacent). Le tragique, c'est l'homme qui accepte sa nature. Il y a peut-être une opposition tragique/morale. Je n'ai pas approfondi pour le moment.
Regarde aussi ce que dit Clément Rosset à propos des conceptions du tragique de Schopenhauer et plus particulièrement de Nietzsche, deux auteurs qu'il qualifie de vrais "philosophes tragiques".

Juliette R

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